Au moment de changer d’assureur, de vendre sa voiture ou de justifier son expérience de conduite, un document revient toujours : le relevé d’information. Je vous montre ici à quoi ressemble un exemple de relevé d’information d’assurance auto, comment lire chaque rubrique, comprendre le bonus-malus et repérer une erreur avant qu’elle ne renchérisse votre contrat.
Le relevé d’information rassemble l’essentiel de votre passé d’assuré
- Historique sur 5 périodes annuelles des sinistres déclarés et de votre responsabilité.
- Coefficient bonus-malus indiqué à la dernière échéance annuelle.
- Conducteurs désignés, véhicule et contrat clairement identifiés.
- Document disponible sur demande, notamment lors d’un changement d’assureur.
- Après une résiliation, l’assureur doit le transmettre dans un délai de 15 jours à compter de votre demande expresse.
Ce que contient réellement un relevé d’information auto
Le relevé d’information est la fiche qui retrace votre parcours d’assuré automobile. Il ne remplace ni l’attestation d’assurance ni l’avis d’échéance : il sert surtout à permettre à un nouvel assureur d’évaluer votre historique et de reprendre votre coefficient de réduction-majoration, plus souvent appelé bonus-malus.
Le document comporte généralement les éléments suivants :
- l’identité du souscripteur et des conducteurs désignés ;
- les références du permis de conduire et sa date d’obtention ;
- la date de souscription et la période de garantie ;
- le véhicule assuré, notamment son immatriculation ;
- les sinistres survenus pendant les cinq périodes annuelles précédentes ;
- la nature du sinistre, sa date, le conducteur impliqué et la part de responsabilité retenue ;
- le coefficient bonus-malus appliqué à la dernière échéance.
Un vol, un incendie ou un bris de glace peut apparaître dans l’historique sans provoquer de malus si votre responsabilité n’est pas engagée. C’est une nuance importante : la présence d’un sinistre ne signifie pas automatiquement une hausse du coefficient.
Un exemple fictif pour lire le document sans se tromper
Voici un modèle simplifié. Les assureurs n’utilisent pas tous la même mise en page, mais les informations essentielles restent comparables. Les données ci-dessous sont fictives et servent uniquement à comprendre la logique du document.
| Rubrique | Exemple indiqué | Ce qu’il faut comprendre |
|---|---|---|
| Souscripteur | Camille Martin, née le 14/06/1988 | La personne titulaire du contrat. |
| Conducteur désigné | Camille Martin | La personne dont l’historique est associé au véhicule. |
| Véhicule | Peugeot 208, immatriculation fictive AB-123-CD | Le relevé concerne d’abord le véhicule et le contrat indiqués. |
| Période assurée | Du 01/09/2021 au 31/08/2026 | La durée pendant laquelle l’assureur a garanti le véhicule. |
| Coefficient bonus-malus | 0,90 à la dernière échéance | Le coefficient appliqué pour calculer la prime de référence. |
| Sinistre du 12/03/2024 | Accident matériel, responsabilité partagée à 50 % | Une responsabilité partielle peut entraîner une majoration de 12,5 %. |
| Sinistre du 07/08/2022 | Bris de glace, responsabilité non engagée | Le sinistre peut être mentionné sans produire de malus. |
Dans cet exemple, le coefficient de 0,90 ne signifie pas que Camille paie exactement 90 % de son ancienne cotisation. Il s’applique à une prime de référence définie par l’assureur, puis d’autres éléments peuvent intervenir, comme le modèle du véhicule, la zone de résidence, le kilométrage ou les garanties choisies.
Je conseille toujours de lire la ligne consacrée à la responsabilité avec attention. Une erreur entre « responsabilité totale », « responsabilité partagée » et « absence de responsabilité » peut modifier sensiblement le tarif proposé par le nouvel assureur.
Comment interpréter le bonus-malus indiqué sur le relevé
Le coefficient de départ est fixé à 1,00. Chaque année sans accident responsable, il diminue de 5 % jusqu’à atteindre 0,50, soit le bonus maximal courant. À l’inverse, un accident totalement responsable entraîne une majoration de 25 %, tandis qu’une responsabilité partagée entraîne généralement une majoration de 12,5 %.
| Situation | Calcul indicatif | Coefficient obtenu |
|---|---|---|
| Première souscription | Coefficient de départ | 1,00 |
| Une année sans accident responsable | 1,00 × 0,95 | 0,95 |
| Deux années sans accident responsable | 0,95 × 0,95, arrondi par défaut | 0,90 |
| Un accident totalement responsable avec un coefficient de 0,90 | 0,90 × 1,25 | 1,12 |
| Un accident avec responsabilité partagée et un coefficient de 0,80 | 0,80 × 1,125 | 0,90 |
Le coefficient est arrondi par défaut à deux décimales. Il ne peut normalement pas descendre sous 0,50 ni dépasser 3,50. Après deux années consécutives sans accident responsable, le coefficient ne peut plus rester supérieur à 1.
La période examinée ne correspond pas toujours aux douze mois qui précèdent exactement l’échéance. Elle se termine en principe deux mois avant la date anniversaire du contrat. C’est pourquoi un accident récent peut ne pas encore apparaître dans le coefficient affiché, tout en devant être déclaré au nouvel assureur.
Le bonus-malus est conservé lorsque vous changez de voiture ou d’assureur, à condition que les conducteurs habituels restent les mêmes. Le nouvel assureur reprend les informations du relevé et doit aussi tenir compte de vos déclarations complémentaires.
Comment obtenir le document au bon moment
L’assureur délivre généralement le relevé à l’échéance annuelle du contrat. Je recommande toutefois de le demander dès que vous envisagez un changement, car attendre la veille de la souscription peut ralentir la comparaison des offres ou révéler trop tard une information incorrecte.
Vous pouvez le demander par votre espace client, par courriel, par téléphone ou par courrier. Dans votre demande, indiquez au minimum vos nom, numéro de contrat, immatriculation et coordonnées. Après une résiliation, une demande expresse doit être satisfaite dans un délai de 15 jours.
Conservez la dernière version reçue, mais n’oubliez pas qu’elle a une date d’arrêté. Si un accident responsable est survenu après son émission, vous devez le signaler. Présenter un document ancien sans actualiser vos déclarations peut entraîner une régularisation de cotisation, voire des difficultés en cas de sinistre.
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Ne pas confondre les trois documents
| Document | Fonction principale |
|---|---|
| Attestation d’assurance | Prouve que le véhicule est assuré à une date donnée. |
| Avis d’échéance | Indique la cotisation, la prime de référence et souvent le bonus-malus. |
| Relevé d’information | Retrace l’historique du contrat, des conducteurs et des sinistres. |
Si un comparateur ou une compagnie vous demande votre historique, c’est bien le troisième document qu’il faut transmettre. Une simple attestation prouve que vous êtes assuré, mais elle ne permet pas de reconstituer votre expérience de conduite.
Les erreurs à vérifier avant de changer d’assureur
Avant d’envoyer le relevé, je vérifie toujours cinq points. Cette relecture prend quelques minutes et peut éviter un tarif gonflé ou une discussion pénible plusieurs semaines plus tard.
- Les dates du contrat correspondent-elles réellement à votre période d’assurance ?
- Tous les conducteurs désignés sont-ils correctement identifiés ?
- Le véhicule et son immatriculation sont-ils exacts ?
- La part de responsabilité de chaque sinistre est-elle correcte ?
- Le coefficient indiqué correspond-il à votre dernier avis d’échéance ?
Une confusion fréquente concerne le conducteur secondaire. Être autorisé à conduire ponctuellement un véhicule ne signifie pas forcément avoir acquis un historique personnel auprès de l’assureur. Pour un jeune conducteur, la preuve d’une présence comme conducteur désigné peut donc faire une vraie différence.
Je déconseille aussi de minimiser un sinistre lors d’une nouvelle souscription. Les informations du relevé servent de base à la tarification, et une omission volontaire peut conduire à une fausse déclaration. Lorsque le document semble incorrect, demandez une version rectifiée par écrit et joignez les pièces utiles, comme un ancien relevé ou un avis d’échéance.
Ce que votre relevé vous aide à décider
Un relevé propre, avec un coefficient inférieur à 1 et aucun accident responsable récent, constitue un bon point de départ pour comparer les offres. Il ne garantit pas automatiquement le tarif le plus bas, car le prix dépend aussi du véhicule, de l’usage, de la formule et des franchises.
À l’inverse, un coefficient supérieur à 1 ne signifie pas qu’il faut accepter la première proposition venue. Comparez les garanties, la franchise et les exclusions en plus de la cotisation. Un contrat légèrement plus cher peut être plus protecteur si le dépannage, le bris de glace ou la valeur d’indemnisation sont mieux adaptés à votre voiture.
Le bon réflexe est simple : demandez une version récente, contrôlez chaque ligne, déclarez tout événement intervenu depuis son édition et gardez une copie de vos échanges. Ce document n’est pas une formalité administrative de plus, c’est la pièce qui permet de faire reconnaître concrètement votre histoire d’assuré.